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Les armoiries

Profitant du fait que le château des Thaon de Revel est encore bien vivant en plein coeur du village avec ses magnifiques blasons de marbre ainsi que la grande devise en plein centre de la façade, demande a été faite auprès des descendants de cette noble famille, installée à Turin, de pouvoir utiliser tout simplement leurs armoiries. Très spontanément le Marquis Thaon de Revel, Comte de Saint-André a accepté : ainsi donc le blason du village représente un bouc sortant de l'eau, un serpent dans la bouche regardant une étoile à cinq branches, soit en langage héraldique :


"D'azur au bouc d'or, issant d'une mer d'argent flottée de sinople, regardant une étoile d'or posée dans le canton dextre et tenant dans sa bouche un serpent de sable écaillé d'argent tortillant en pal".
La devise "E sapienti prodest" (on ne progresse que grâce à la sagesse) serait illustrée par le blason dans lequel le bouc symbolisant la force dénuée d'intelligence, associé au serpent, esprit malin, réussit à sortir de l'eau et peut atteindre l'étoile.
La deuxième devise inscrite au dessus des grandes baies du château est plus simple : "Arma tuentur, Pax fecit laetos" (les armes nous défendent, la paix nous rend heureux). Elle est malheureusement toujours d'actualité.
Charles-Louis Colomas.



Le château de Saint-André

Au fond du Val de Banquière, un bâtiment très particulier barre la route depuis des siècles, le Château de Saint-André. Il s'agit d'une construction s'étalant perpendiculairement au torrent et dont la grande façade, plein sud, surplombe de manière majestueuse le village.
Aujourd'hui méconnu cette construction historique, classée dans l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, a, jusqu'au XIXème, été considérée comme un édifice architectural remarquable puisque figurant sur toutes les brochures touristiques vantant les beautés du Comté de Nice.
Sa forme tout en longueur fait référence au rocher imposant sur lequel il fut construit et qui lui valut son premier nom de «Rocha».
Son histoire se perd dans la nuit des temps puisqu'elle coïncide avec celle de la première route du sel .
Les murs lourds et anciens du sous-bassement perforés de meurtrières indiquent bien qu'une place forte y était établie. Par contre la partie supérieure, à l'élan décoratif évident tranche avec les murailles guerrières laissant apparaître la transformation en résidence de campagne au XVIIIème siècle.
Lors du rattachement de Nice à la France, en 1860, les propriétaires, très liés à la famille de Savoie, désormais famille royale italienne, optent pour l'Italie et vont s'installer au Piémont. Le château est vendu à l¹Hospice St-Paul, passant successivement dans les mains de diverses associations religieuses.
Depuis, le château, en dépit de sa valeur historique et architecturale a servi un peu à tout : école, colonie de vacances, casernement et hôpital militaire pendant les guerres, etc... Il est, depuis plusieurs décennies, la propriété de l'Association des Compagnons d'Emmaus, dont le fondateur, l'Abbé Pierre, a fait un de ses premiers centres en faveur des plus démunis. Il est bien entendu difficile d'établir la liste exhaustive des différents propriétaires du lieu, cependant, outre le premier nommé dans la Charte de 999, Miron, puis ses fils ainsi que les enfants d'Odile de son deuxième mariage avec Laugier Rostaing, nous trouvons un «Willelmus de Rocca» en 1108, puis un Jean Travaque puis un Raybaud Chabaud en 1441.
Mais c'est au XVIème que nous arrivons à suivre avec une certaine précision la vie des habitants de cette demeure seigneuriale.
En 1555, un certain Melchior Michelotti épouse la fille de Jean III Chabaud et acquiert les trois quarts du fief. En 1611, Pierre Thaon, médecin du Duc de Savoie, épouse Camille Michelotti, Saint-André sera désormais jusqu'en 1860 le fief de la famille Thaon de Revel (après l'acquisition, en 1685 du Revel). De fils en fils, avec leurs nobles épouses, Lucrèce Galléan, des seigneurs de Chateauneuf, Anne-Françoise Ferrero, fille de Léandre Ferrero, sénateur de Nice, Marie Camille Thaon de Lantosque, Cassandre Chabaud, des seigneurs de Tourrette, Gertrude Provanna, fille du premier président du Sénat de Chambéry et ambassadeur de Savoie auprès de Louis XIV, Marie-Thérèse Cortina San Martin, fille du Comte d'Eze,Thérèse Peyre, fille du Comte de Clans, Madeleine Galléan, des Comte d'Ascros, Pauline Galléan, des Ducs de Gadagne, Sabine Spitalieri, fille du Comte de Cessole ils transforment la forteresse médiévale en agréable « villa » à l'italienne.
Ils ne lésinent pas sur la qualité des travaux à exécuter. L¹argent ne manque pas. En 1671 on trouve un Thaon de Revel premier Consul à Nice, tout comme en 1748,1765 et 1776. De 1780 à 1787 un autre est Gouverneur Général de Nice et du Comté avant de devenir Vice-Roi de Sardaigne. Mais la Révolution Française vient tout bouleverser et le château est vendu aux enchères en tant que « bien d¹immigré » en Germinal an VI de la république. Il est acquis par un géomètre-arpenteur, Scoffier, pour être à nouveau racheté par la famille Thaon de Revel au moment de la Restauration.
Lors du rattachement de Nice à la France, en 1860, les propriétaires, très liés à la famille de Savoie, désormais famille royale italienne, optent pour l'Italie et vont s'installer au Piémont. Le château est vendu à l'Hospice St-Paul, passant successivement dans les mains de diverses associations religieuses.

Depuis, le château, en dépit de sa valeur historique et architecturale a servi un peu à tout : école, colonie de vacances, casernement et hôpital militaire pendant les guerres, etc... Il est, depuis plusieurs décennies, la propriété de l'Association des Compagnons d'Emmaus, dont le fondateur, l'Abbé Pierre, a fait un de ses premiers centres en faveur des plus démunis.
Des fresques rappelant le Palais Lascaris : Le classement du château, intervenu après plus d'un siècle d'anonymat, il est bien évident que l'aspect actuel est fort loin de sa splendeur passée. Malgré tout, l'ensemble est digne d'intérêt, il se compose de trois parties : à l'ouest la chapelle, église paroissiale, inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1928, à l'est l'ancienne forteresse remaniée en villa, au centre le fronton majestueux et le grand salon.

La Chapelle : de forme circulaire, rappelle beaucoup celle de l'abbaye de St-Pons, de style baroque italien elle nécessiterait une urgente restauration. Le corps d'habitation : insoupçonnable de l'extérieur étant donné l'absence de traitement de la maison de maître, le luxe du décor interne du château joue le rôle de compensation à la pauvreté extérieure de la demeure. Les fresques sont souvent attribuées aux frères Galliari, avec l'oeuvre desquels elles ne sont pas, et effet, sans rapport ou à l'école de Van Loo. Citons le petit salon à coupole d'arabesques, le salon à décor d'architecture baroque en trompe-l'oeil, le salon des armoiries dont chacun semble avoir traité un problème particulier de décoration.
La loggia : de filiation nettement piémontaise, résout de façon particulièrement heureuse le problème posé par l'adaptation aux contraintes du site (un étroit plateau allongé) du programme prévoyant la présence d'une maison de maître et d'une chapelle pouvant accueillir la population du village. Chacune des neuf arcades aveugles comprend un arc cintré reposant
sur des piédroits séparés par des rectangles imprimés et creux dans le mur.
Une attique s'élève au-dessus des trois travées centrales, servant d'encadrement massif à la devise parfaitement appropriée aux hommes d'armes que furent les Thaon de Revel : « ARMA TUENTUR PAX FECIT LAETOS » (les armes nous défendent la paix nous rend joyeux). Derrière cette imposante façade se trouve la salle d'honneur du château dont la voûte est décorée de sujets mythologiques, (le temps et la mort), elle est reliée à la maison de maître par une galerie ornée de bas-reliefs en stuc d'une indéniable qualité.



La grotte de Saint-André


Vous, automobilistes, qui traversez d'un trait Saint-André pour rejoindre, Levens, avez-vous un instant soupçonné la présence, dans l'univers lunaire des carrières, d'un chef-d'oeuvre de la nature ? Avez-vous pu imaginer que, sous les roues de votre voiture se cachait une véritable merveille ? Certes non et ceci s'explique car les Gorges de la Banquière, ce petit affluent du Paillon, ont tellement subi les outrages du progrès qu'elles ont été purement et simplement rayées de la carte. Et pourtant, Saint-André méritait bien plus...

En effet, au siècle dernier, il figurait parmi les plus jolis coins touristiques de la Côte d'Azur avec son magnifique château des Comtes de Thaon de Revel, chef-d'oeuvre de l'architecture niçoise du XVIIIème siècle, dont les splendides plafonds décorés rivalisent avec les plus belles salles du Palais Lascaris de Nice... Avec ses grottes si extraordinaires que toutes les célébrités de l'époque vinrent s'y extasier. Comment définir la grotte de Saint-André ?

La Grotte de Saint-André n'est en fait pas une grotte voilà qui vous étonne encore plus... C'est tout simplement un pont naturel.

En effet, il faut rattacher ce phénomène minéral à la présence au nord du village, au bord du torrent de la Banquière, d'une source aux qualités assez exceptionnelles : la Fuon Cauda.

La Fuon Cauda Citons Jean POLVECHE, professeur de géologie appliquée à l'Université de Nice : « La rivière, ou mieux, le torrent, a creusé la roche calcaire jurassique datant de 150 millions d'années, et a mis à jour des eaux souterraines, chaudes, car ayant circulé sur des roches glauconieuses et radioactives. Ces eaux souterraines, arrivant à l'air libre et perdant leur gaz carbonique, ont déposé des travertins (tufs) qui, par une lente progression continue ayant duré des milliers d'années, ont couvert le lit de la rivière et formé un pont naturel, le seul du département, sur lequel passe la route de Tourrette-Levens ».

On sait l'intérêt, sur le plan économique, du site géologique de Saint-André, dont les calcaires, d'excellente qualité, sont exploités. On sait moins l'intérêt, sur les plans touristique et scientifique, de ce site :
- les intenses mouvements tectoniques, générateurs des Alpes, ont amené la réalisation de structures très particulières dans ce secteur.
- les caprices des eaux souterraines, sortant de la Fuon Cauda, ont défini une grotte aux caractéristiques exceptionnelles, dont la visite a ravi et doit ravir tous les amoureux de la nature.

Comme son nom l'indique, cette source au débit important mais irrégulier est renommée pour la tiédeur de ses eaux en hiver (près de 18° C). Par ailleurs, la Fuon Cauda a une très grande teneur en calcaire. Si grande qu'au cours des siècles les concrétions de la source ont fini par enjamber le torrent formant un magnifique pont naturel de plus de vingt mètres de tablier. Et c'est sur ce pont que vous êtes passé si souvent sans le savoir.. Sans savoir que jadis cet endroit était si réputé que l¹on venait de tout le département admirer ses voûtes féériques et jouir de sa fraîcheur.

 

Citons parmi tant d'autres visiteurs illustres quelques personnages qui ont marqué ce lieu de leur passage : l'écrivain A.L. THOMAS, Albanis BEAUMONT, le grand poète LAMARTINE, le chantre du Comté de Nice Alphonse KARR, la reine VICTORIA... Le grand poète LAMARTINE serait venu, accompagné d'une belle amie de passage. On dit qu'il y planta le figuier dont les branches crochues s'accrochent encore rocher et on lui attribue ces vers :

Ici dans les flancs creux d'un rocher qui surplombe
S'ouvre une grotte obscure, un nid où la colombe aime à gémir d'amour

La vigne, le figuier, les ronces la tapissent
Et les rayons du ciel qui lentement s'y glissent y mesurent le jour

La nuit et la fraîcheur de ces ombres discrètes conservent plus longtemps aux pâles violettes leurs timides couleurs
Une source plaintive en habite la voûte et semble sur vos fronts distiller goutte à goutte des accords et des pleurs

 



La chapelle de Saint-André et de Saint Grat


La chapelle St Grat flanque l'ensemble du château des Thaon de Revel à l'est.
Ce château est mentionné dès le début du XVIIème siècle et, plus particulièrement, en 1634 lorsque Don Jules Thaon, chanoine-archidiacre de la cathédrale de Nice, cède ses biens paternels et maternels à son neveu Charles-Antoine Thaon qui épouse alors Lucrèce Galléan.
Il exige en échange de pouvoir habiter au château selon son plaisir et d'y bénéficier d'une sétérée (1544 ca) du jardin pour s'y détendre.
Plus tard, entre 1719 et 1752, le comte Joseph-Horace fait agrandir et embellir d'un superbe décor de fresques le château qui prend l'aspect qu'il conserve aujourd'hui : à l'est, la grosse bâtisse du château initial sans doute remaniée au XVIlème siècle. Au centre, les modifications, comportant de magnifiques salons du deuxième quart du XVIIIème. Enfin à l'ouest, la chapelle qui devait être jusqu'alors isolée et qui servait de paroissiale aux habitants de Saint-André.