21 bd du 8 mai 1945 - 06730 Saint-André de la Roche
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Grotte de Saint-André

Vous, automobilistes, qui traversez d’un trait Saint-André pour rejoindre, Levens, avez-vous un instant soupçonné la présence, dans l’univers lunaire des carrières, d’un chef-d’oeuvre de la nature ? Avez-vous pu imaginer que, sous les roues de votre voiture se cachait une véritable merveille ? Certes non et ceci s’explique car les Gorges de la Banquière, ce petit affluent du Paillon, ont tellement subi les outrages du progrès qu’elles ont été purement et simplement rayées de la carte. Et pourtant, Saint-André méritait bien plus… Grotte de Saint-André de la Roche En effet, au siècle dernier, il figurait parmi les plus jolis coins touristiques de la Côte d’Azur avec son magnifique château des Comtes de Thaon de Revel, chef-d’oeuvre de l’architecture niçoise du XVIIIème siècle, dont les splendides plafonds décorés rivalisent avec les plus belles salles du Palais Lascaris de Nice… Avec ses grottes si extraordinaires que toutes les célébrités de l’époque vinrent s’y extasier.

Comment définir la grotte de Saint-André ?

La Grotte de Saint-André n’est en fait pas une grotte voilà qui vous étonne encore plus… C’est tout simplement un pont naturel. En effet, il faut rattacher ce phénomène minéral à la présence au nord du village, au bord du torrent de la Banquière, d’une source aux qualités assez exceptionnelles : la Fuon Cauda. La Fuon Cauda Citons Jean POLVECHE, professeur de géologie appliquée à l’Université de Nice : « La rivière, ou mieux, le torrent, a creusé la roche calcaire jurassique datant de 150 millions d’années, et a mis à jour des eaux souterraines, chaudes, car ayant circulé sur des roches glauconieuses et radioactives. Ces eaux souterraines, arrivant à l’air libre et perdant leur gaz carbonique, ont déposé des travertins (tufs) qui, par une lente progression continue ayant duré des milliers d’années, ont couvert le lit de la rivière et formé un pont naturel, le seul du département, sur lequel passe la route de Tourrette-Levens ». On sait l’intérêt, sur le plan économique, du site géologique de Saint-André, dont les calcaires, d’excellente qualité, sont exploités. On sait moins l’intérêt, sur les plans touristique et scientifique, de ce site :
  • les intenses mouvements tectoniques, générateurs des Alpes, ont amené la réalisation de structures très particulières dans ce secteur.
  • les caprices des eaux souterraines, sortant de la Fuon Cauda, ont défini une grotte aux caractéristiques exceptionnelles, dont la visite a ravi et doit ravir tous les amoureux de la nature.
Comme son nom l’indique, cette source au débit important mais irrégulier est renommée pour la tiédeur de ses eaux en hiver (près de 18° C). Par ailleurs, la Fuon Cauda a une très grande teneur en calcaire. Si grande qu’au cours des siècles les concrétions de la source ont fini par enjamber le torrent formant un magnifique pont naturel de plus de vingt mètres de tablier. Et c’est sur ce pont que vous êtes passé si souvent sans le savoir.. Sans savoir que jadis cet endroit était si réputé que l¹on venait de tout le département admirer ses voûtes féériques et jouir de sa fraîcheur. Citons parmi tant d’autres visiteurs illustres quelques personnages qui ont marqué ce lieu de leur passage : l’écrivain A.L. THOMAS, Albanis BEAUMONT, le grand poète LAMARTINE, le chantre du Comté de Nice Alphonse KARR, la reine VICTORIA… Le grand poète LAMARTINE serait venu, accompagné d’une belle amie de passage. On dit qu’il y planta le figuier dont les branches crochues s’accrochent encore rocher et on lui attribue ces vers :
Ici dans les flancs creux d’un rocher qui surplombe S’ouvre une grotte obscure, un nid où la colombe aime à gémir d’amour La vigne, le figuier, les ronces la tapissent Et les rayons du ciel qui lentement s’y glissent y mesurent le jour La nuit et la fraîcheur de ces ombres discrètes conservent plus longtemps aux pâles violettes leurs timides couleurs Une source plaintive en habite la voûte et semble sur vos fronts distiller goutte à goutte des accords et des pleurs